PRÉFACE
Les progrès de la médecine, les conditions de confort de la civilisation moderne comme la diminution des travaux physiques usants, l'évolution des technologies, l'informatisation, les habitats confortables et bien chauffés, l'alimentation abondante et suffisante, ont permis de voir augmenter l'espérance de vie du genre humain de trente ans en un siècle.
Et ce d'autant que les personnes vivent dans des pays riches, au standing de confort et aux infrastructures médicales et de dépistage performantes. La classe socio-professionnelle à laquelle appartiennent les individus leur apportant proportionnellement encore tous ces avantages, en plus d'un niveau culturel et éducatif adéquats aux prises de conscience et aux modifications d'attitude, permet le maintien d'une bonne santé et la prévention personnelle vis- à-vis du vieillissement pathologique.
Cette prise de conscience s'est opérée au niveau des plus hautes instances médicales de la planète telles que l'OMS, avec des programmes hautement suggérés aux gouvernements politiques, et notamment aux États membres de l'Union européenne, sur le « mieux vieillir ».
Les informations qui arrivent aux citoyens aujourd'hui émanent d'horizons différents. Sur les anti-oxydants par exemple, il est difficile de discerner si les informations distillées le sont à bon escient, ou induites à des fins commerciales par les fabricants de compléments alimentaires eux-mêmes.
Il apparaît donc comme une nécessité, au fur et à mesure que le public accède à toutes ces informations utiles à la santé de tous, que des spécialistes de la santé -donc en premier lieu les médecins, mais je pense aussi aux nutritionnistes, diététiciens - aient eux-mêmes accès aux sources authentiques des connaissances dans ce domaine.
C'est dans ce sens, pour ma part, en tant que médecin, que je tente d'œuvrer, avec un certain nombre de mes confrères, pour rassembler, faire connaître et former les médecins s'intéressant à l'anti-âge.
Ces efforts depuis 1994 ont conduit à la mise en place, en France, d'un diplôme interuniversitaire de médecine morphologique et Anti-Âge (DIU de MMAA), reconnu par l'Université et par l'Ordre des médecins.
On y apprend les mécanismes du vieillissement et comment le ralentir, et tenter au mieux d'éviter ou de retarder le vieillissement pathologique compte tenu de l'héritage génétique de chacun, et des conditions écologiques du milieu qui se détériorent d'année en année.
Les progrès de la science médicale et de la biologie dans ce domaine ont été considérables en moins de vingt ans, au point que l'on peut dire que la plupart des médecins généralistes ou spécialistes aujourd'hui en ignorent les principaux fondements et les moyens d'agir qu'il en résulte.
Même à ceux qui sont « dans le bain », les informations de cette démarche médicale anti-âge sont si nombreuses et complexes, et affluent tellement chaque jour, qu'il est difficile d'en faire l'analyse détaillée de chacune. Et encore moins une synthèse pour étayer la cohérence de la conduite ajustée.
Néanmoins, voici ce qui mérite une attention toute particulière, et j'appelle solennellement le lecteur à intégrer ce qui suit : l'être humain a cessé de rallonger son espérance de vie, et cette courbe est en train de s'infléchir. D'après le rapport statistiques Eurostat, l'espérance de vie en bonne santé, indique de plus que la France se situe en dessous de la moyenne européenne, à la 15e place avec seulement 8.5 années de vie sans incapacité après 65 ans contre 11 à 13 années en moyenne pour l'Autriche, l'Espagne, la Belgique et l'Italie. La raison en est la pollution du milieu : l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, les sols appauvris, les aliments produits de l'industrie agro-alimentaire qui contiennent des substances cancérigènes... Ceci venant aggraver les conduites personnelles de sédentarité et de suralimentation en produits raffinés, carençant l'apport en vitamines et oligoéléments au quotidien.
Les conséquences en sont l'augmentation de ce qu'on appelle « les maladies de civilisation » qui nous tuent de plus en plus précocement, et de plus en plus nombreux. Ou qui hypothèquent de plus en plus tôt notre vieillissement par des handicaps parfois insurmontables : accidents cardio-vasculaires, cancers, maladies auto-immunes, Parkinson, et maladie d'Alzheimer. Celle-ci touche en effet des individus de plus en plus jeunes, parfois à l'âge de 40 ans.
Cette réalité des choses ne doit cependant pas être trop surévaluée, ni paniquer le public. Au contraire, elle pousse les gouvernements et les médecins, de plus en plus nombreux, et les individus, à agir pour modifier les habitudes et prendre certaines mesures, donner certains conseils, assurer certains suivis.
Il existe une origine connue à toutes ces maladies de civilisation, absolument toutes celles que je viens de citer ci- dessus : le stress oxydatif. Ou si vous préférez l'inflammation tissulaire, la production de radicaux libres, etc., d'où l'idée de prendre des attitudes alimentaires correctes, et de prendre des adjuvants dits « anti-radicaux libres ».
L'ennui, c'est que la formule n'est pas unique, et qu'elle peut varier avec les individus. Elle peut au contraire être source, au minimum, d'aucun effet adéquat et d'une dépense inutile, au pire, d'aggraver la situation.
Une des ressources, dans cet état de fait, est de s'adresser à la nature. Car la nature, utilisée de façon pondérée, ne nuit jamais.
Tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'anti-âge, comme ceux de nos médecins inscrits au diplôme MMAA, et à la prévention, au sens large du terme et au sens restreint de lutter efficacement contre le risque des maladies de civilisation ont entendu parler du curcuma, une épice fameuse entrant dans la composition du curry indien et qui fait l'objet de nombreuses recherches à travers le monde, depuis des décennies.
Même les cancérologues de ce pays, comme d'ailleurs, s'intéressent au curcuma. Et il s'avère, comme on le verra dans ce livre, que le curcuma répond aux objectifs de prévention ou de réparation dans le domaine cardio-vasculaire, immunitaire, neuro-dégénératif, inflammation articulaire, cancers, etc.
Le mode d'action du curcuma n'est pas une vue de l'esprit. Des équipes des plus sérieuses au monde ont identifié les mécanismes enzymatiques au niveau de la cellule, de la mitochondrie, montrant toutes les actions anti-radicalaires, anti-inflammatoires,etc.
Il manquait un livre qui fasse la synthèse de ces connaissances actuelles sur le curcuma, et qui pose à la fin, de manière pragmatique, les moyens de l'utiliser, ainsi que les posologies.
Le docteur Yves Réquéna, médecin et acupuncteur, qui s'est déjà illustré en publiant notamment ses recherches sur l'analyse des plantes occidentales selon les critères de la pharmacopée chinoise, dès 1983, s'est attelé, par passion personnelle pour le curcuma (qui en passant fait partie de la pharmacopée chinoise) à cette synthèse.
Véronique Lemaire, ancienne professeur de sport également naturopathe, s'est lancée dans la recherche des informations éparpillées sur des centaines de publications scientifiques reprises sur différents sites internet. Sa minutieuse collecte vient admirablement s'associer au souci de rationalisme clinique du médecin. Elle a participé à enrichir le livre d'interviews et de reportages donnant vie et corps à l'argumentation.
Ce livre est un ouvrage de synthèse qui peut éviter 1000 heures de recherche à un thérapeute ou à un public motivé pour utiliser au mieux le curcuma. Il est, en effet, écrit pour pouvoir être lu et compris aussi bien par les médecins que par le public en général.
Mais l'essentiel est déjà là, dans ce livre à découvrir maintenant, et je salue ici l'effort remarquable de vulgarisation des auteurs. D'abord par les yeux, et par les papilles gustatives probablement.
Docteur Charles Vitello
Directeur pédagogique et scientifique du Diplôme interuniversitaire de Médecine Morphologique et Anti-Âge (MMAA)
Vice-Président du Syndicat MMAA
Président d'Honneur de la Société Savante de MMAA
Membre du conseil d'administration et directeur Rhône-Alpes de L'Association Française de Médecine Esthétique