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Prix éditeur : Fr. 41.30
Prix Club : Fr. 31.-
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QUE SERAIS-JE SANS TOI ?
Guillaume Musso
Référence : 479260
Une course-poursuite incroyable, une superbe histoire d’amour... 
Livre
384 pages
Couverture cartonnée
Romans d'amour
Pour Gabrielle, avec Martin c’est d’abord le coup de foudre, mais il doit rentrer à Paris où il devient flic. Et puis c’est le coup de tonnerre : Martin réapparaît, poursuivant un génial voleur d’œuvres d’art qui n’est autre que le père de Gabrielle. Leur lutte sera sans merci. Entre les deux hommes de sa vie, la belle Gabrielle va devoir choisir. 

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1

Cet été-là...

Le premier amour est toujours le dernier.
Tahar BEN JELLOUN

San Francisco, Californie
Été 1995


Gabrielle a 20 ans.
Elle est américaine, étudiante en troisième année à l'université de Berkeley.
Cet été-là, elle porte souvent un jean clair, un chemisier blanc et un blouson de cuir cintré. Ses longs cheveux lisses et ses yeux verts pailletés d'or la font ressembler aux photos de Françoise Hardy prises par Jean-Marie Périer dans les années 1960. Cet été-là, elle partage ses journées entre la bibliothèque du campus et son activité de pompier volontaire à la caserne de California Street.
Cet été-là, elle va vivre son premier grand amour.

Martin a 21 ans.
Il est français, vient de réussir sa licence de droit à la Sorbonne.
Cet été-là, il est parti aux États-Unis en solitaire pour perfectionner son anglais et découvrir le pays de l'intérieur. Comme il n'a pas un sou en poche, il enchaîne les petits boulots, travaillant plus de soixante-dix heures par semaine : serveur, vendeur de crèmes glacées, jardinier...
Cet été-là, ses cheveux noirs mi-longs lui donnent des airs d'Al Pacino à ses débuts. Cet été-là, il va vivre son dernier grand amour.

Cafétéria de l'université de Berkeley
— Hé, Gabrielle, une lettre pour toi !
Assise à une table, la jeune femme lève les yeux de son livre.
— Comment ?
— Une lettre pour toi, ma belle ! répète Carlito, le gérant de l'établissement, en posant une enveloppe couleur crème à côté de sa tasse de thé.
Gabrielle fronce les sourcils.
— Une lettre de qui ?
— De Martin, le petit Français. Son travail est terminé, mais il est passé déposer ça ce matin.
Gabrielle regarde l'enveloppe avec perplexité et la glisse dans sa poche avant de sortir du café.
Dominé par son campanile, l'immense campus verdoyant baigne dans une atmosphère estivale. Gabrielle longe les allées et les contre-allées du parc jusqu'à trouver un banc libre, à l'ombre des arbres centenaires.
Là, toute à sa solitude, elle décachette la lettre avec un mélange d'appréhension et de curiosité.

*
Le 26 août 1995

Chère Gabrielle,

Je voulais simplement te dire que je repars demain en France.

Simplement te dire que rien n'aura plus compté pour moi pendant mon séjour californien que les quelques moments passés ensemble à la cafétéria du campus, à parler de livres, de cinéma, de musique, et à refaire le monde.

Simplement te dire que, plusieurs fois, j'aurais aimé être un personnage de fiction. Parce que dans un roman ou dans un film, le héros aurait été moins maladroit pour faire comprendre à l'héroïne qu'elle lui plaisait vraiment, qu'il aimait parler avec elle et qu'il éprouvait quelque chose de spécial lorsqu'il la regardait. Un mélange de douceur, de douleur et d'intensité. Une complicité troublante, une intimité bouleversante. Quelque chose de rare, qu'il n'avait jamais ressenti avant. Quelque chose dont il ne soupçonnait même pas l'existence.

Simplement te dire qu'un après-midi, alors que la pluie nous avait surpris dans le parc et que nous avions trouvé refuge sous le porche de la bibliothèque, j'ai senti, comme toi je crois, ce moment de trouble et d'attraction qui, un instant, nous a déstabilisés. Ce jour-là, je sais que nous avons failli nous embrasser. Je n'ai pas franchi le pas parce que tu m'avais parlé de ce petit ami, en vacances en Europe, à qui tu ne pouvais pas être infidèle, et parce que je ne voulais pas être à tes yeux un type « comme les autres », qui te draguent sans vergogne et souvent sans respect.
Je sais pourtant que si on s'était embrassés, je serais reparti le cœur content, me foutant de la pluie ou du beau temps, puisque je comptais un peu pour toi. Je sais que ce baiser m'aurait accompagné partout et pendant longtemps, comme un souvenir radieux auquel me raccrocher dans les moments de solitude. Mais après tout, certains disent que les plus belles histoires d'amour sont celles qu'on n'a pas eu le temps de vivre. Peut-être alors que les baisers qu'on ne reçoit pas sont aussi les plus intenses...

Simplement te dire que lorsque je te regarde, je pense aux 24 images seconde d'un film. Chez toi, les 23 premières images sont lumineuses et radieuses, mais de la 24e émane une vraie tristesse qui contraste avec la lumière que tu portes en toi. Comme une image subliminale, une fêlure sous l'éclat : une faille qui te définit avec plus de vérité que l'étalage de tes qualités ou de tes succès. Plusieurs fois, je me suis demandé ce qui te rendait si triste, plusieurs fois, j'ai espéré que tu m'en parles, mais tu ne l'as jamais fait.

Simplement te dire de prendre bien soin de toi, de ne pas être contaminée par la mélancolie.

Simplement te dire de ne pas laisser triompher la 24e image. De ne pas laisser trop souvent le démon prendre le pas sur l'ange.

Simplement te dire que, moi aussi, je t'ai trouvée magnifique et solaire. Mais, ça, on te le répète cinquante fois par jour, ce qui fait finalement de moi un type comme les autres...

Simplement te dire, enfin, que je ne t'oublierai jamais.

Martin
*
Gabrielle lève la tête. Son cœur s'est emballé, car elle ne s'attendait pas à ça.
Dès les premières lignes, elle a compris que cette lettre était spéciale. Cette histoire, elle la connaît, bien sûr, mais pas exactement sous cet angle. Elle regarde autour d'elle, de peur que son visage ne trahisse son émotion. Lorsqu'elle sent les larmes lui monter aux yeux, elle quitte le campus et prend le métro souterrain pour rejoindre le cœur de San Francisco. Elle avait prévu de rester travailler plus longtemps à la bibliothèque, mais elle sait qu'à présent elle en sera incapable.
Assise sur son siège, son esprit vacille entre l'étonnement suscité par la lettre de Martin et le plaisir douloureux qu'elle a pris à la lire. Ce n'est pas tous les jours que quelqu'un lui consacre ce genre d'attention. Pas tous les jours non plus qu'on s'attarde davantage sur sa personnalité que sur le reste.
Tout le monde la croit forte, sociable, alors qu'elle est fragile et un peu perdue dans ses contradictions de jeune femme. Des gens qui la connaissent depuis des années ignorent tout de ses tourments, alors que lui a su lire en elle et a tout compris en quelques semaines.
Cet été-là, la chaleur a écrasé la côte californienne, n'épargnant pas San Francisco malgré son microclimat. Dans le wagon, les voyageurs semblent éteints, comme assommés par la torpeur estivale. Mais Gabrielle n'est pas avec eux. Elle est subitement devenue une héroïne médiévale, plongée dans une époque chevaleresque. Une époque où l'amour courtois fait ses premières apparitions. Chrétien de Troyes vient de lui envoyer une missive et il est bien décidé à transformer l'amitié qu'elle a pour lui...
Elle lit et relit sa lettre qui lui fait du bien, qui lui fait du mal.
Non, Martin Beaumont, tu n'es pas un mec comme les autres...
Elle lit et relit sa lettre qui la laisse heureuse, désespérée, indécise.
Si indécise qu'elle en oublie de descendre à sa station. Un arrêt de train en plus, à parcourir dans la chaleur, pour rentrer chez elle.
Bravo l'héroïne, well done !

* Le lendemain
9 heures du matin
Aéroport San Francisco SFO

Il pleut.
Encore mal réveillé, Martin écrase un bâillement et serre la barre de l'autobus à la suspension fatiguée qui tangue dans un virage. Il porte sur ses épaules un manteau en moleskine, un jean troué, des baskets usées et un tee-shirt à l'effigie d'un groupe de rock.
Cet été-là, tous les jeunes ont quelque chose de Kurt Cobain.
Dans sa tête, les souvenirs de ces deux mois passés aux États-Unis se bousculent. Il en a pris plein les yeux et plein le cœur. La Californie l'a emmené tellement loin d'Évry et de la banlieue parisienne. Au début de l'été, il envisageait de passer le concours d'officier de police, mais ce séjour aux allures de rite de passage a tout changé. Le petit banlieusard a pris confiance en lui, dans ce pays où la vie est aussi dure qu'ailleurs, mais où les gens ont gardé l'espoir et l'ambition de réaliser leurs rêves.
Et son rêve, à lui, c'est d'écrire des histoires. Des histoires qui toucheraient les gens, des histoires de personnes ordinaires à qui il arriverait des choses extraordinaires. Parce que la réalité ne lui suffit pas et parce que la fiction a toujours été présente dans sa vie. Depuis tout petit, ses héros préférés l'ont si souvent sorti de ses souffrances, consolé de ses déceptions et de ses chagrins. Ils ont alimenté son imaginaire, affiné ses émotions pour lui faire voir la vie à travers un prisme qui la rende acceptable.
La navette en provenance de Powell Street déverse les voyageurs devant le terminal international. Dans la bousculade, Martin attrape sa guitare sur le porte-bagages. Chargé comme un mulet, il sort le dernier de l'autobus, fouille dans sa poche pour mettre la main sur son billet et, le nez en l'air, essaie de se repérer dans ce dédale urbain.
Il ne la voit pas tout de suite.
Elle a garé sa voiture en double file, moteur allumé.
Gabrielle.
Elle est trempée de pluie. Elle a froid. Elle tremble un peu.
Il, Elle se reconnaissent. Il, Elle courent l'un vers l'autre.
Ils s'étreignent, le cœur battant, comme on fait la première fois, lorsqu'on y croit encore.
Puis elle sourit et le provoque :
— Alors, Martin Beaumont, tu penses vraiment que les baisers qu'on ne reçoit pas sont les plus intenses ?
Et ils s'embrassent.
Leurs bouches se cherchent, leurs souffles se mêlent, leurs cheveux mouillés s'emmêlent. Il a la main sur sa nuque, elle a la sienne sur sa joue. Dans l'urgence, ils échangent quelques mots d'amour maladroits.
Elle lui demande : « Reste encore ! »
Reste encore !
Il ne le sait pas, mais il ne connaîtra rien de mieux dans sa vie. Rien de plus pur, de plus lumineux ou de plus intense que les yeux verts de Gabrielle qui brillent sous la pluie, le matin de cet été-là.
Et que sa voix qui l'implore : Reste encore !

*
San Francisco
28 août - 7 septembre 1995

En payant un supplément de 100 dollars, Martin a pu reculer la date de son départ. Une somme qui va lui permettre de vivre les dix jours les plus importants de sa vie.
Ils s'aiment.
Dans les librairies des rues de Berkeley où plane encore un parfum de bohème.
Dans un cinéma de Reid Street où ils ne voient pas grand-chose du film Leaving Las Vegas, tellement ils se perdent en baisers et en caresses.
Dans un petit restaurant, devant un énorme hamburger hawaïen à l'ananas et une bouteille de Sonoma.
Ils s'aiment.
Ils font les imbéciles, ils jouent comme des gosses, se tiennent fort la main en courant le long de la plage.
Ils s'aiment.
Dans une chambre universitaire, où il improvise pour elle, sur sa guitare, une version inédite de La Valse à mille temps de Jacques Brel. Elle danse pour lui, d'abord langoureusement, puis de plus en plus vite, tournant sur elle-même, déployant ses bras, la paume de la main dirigée vers le ciel à la manière d'un derviche tourneur.
Il lâche son instrument et la rejoint dans sa transe. Ils forment une toupie qui finit par s'abîmer sur le sol où...
... ils s'aiment.
Ils flottent, ils volent.
Ils sont Dieu, ils sont anges, ils sont seuls. Autour d'eux, le monde s'efface et se réduit au simple décor d'un théâtre dont ils sont les uniques acteurs.
Ils s'aiment.
D'un amour dans le sang.
D'une ivresse permanente.
Dans l'instant et l'éternité.
Et en même temps, la peur est partout.
La peur du manque.
La peur de se retrouver sans oxygène.
C'est l'évidence et la confusion.
C'est à la fois la foudre et l'anéantissement.
Le plus beau des printemps, l'orage le plus violent.
Et pourtant, ils s'aiment.

*
Elle l'aime.
Au milieu de la nuit.
Dans sa voiture qu'elle a garée sur un parking de Tenderloin, le quartier chaud de la ville. L'autoradio vibre au son du gansta rap et de Smells Like Teen Spirit.
C'est le kiff du danger, le corps de l'autre qui ondoie au milieu du ballet des phares, avec la menace de se faire attaquer par les gangs ou surprendre par les flics.
Cette fois, ce n'est pas un amour « bouquet de roses », un amour « petits mots doux ». C'est un amour « fer rouge » où l'on arrache plus qu'on ne donne. Cette nuit, entre eux, c'est le shoot, c'est le fix, c'est le flash du drogué. Elle veut lui montrer cette face d'elle-même, ce truc moins lisse derrière l'image romantique : la faille, la 24e image. Elle veut voir s'il va la suivre sur ce terrain ou la laisser en route.
Cette nuit, elle n'est plus son amoureuse, elle est son amante.
because the night belongs to loyers
because the night belongs to us.

*
Il l'aime.
Tout en douceur.
Sur la plage, au petit matin.
Elle s'est endormie sur son manteau. Il a posé la tête sur son ventre.
Deux jeunes amants, enveloppés dans le vent tiède, sous la lumière rose d'un ciel californien.
Leurs corps au repos, leurs cœurs cousus, cloués l'un à l'autre, pendant que le petit poste de radio posé sur le sable diffuse une vieille ballade.

 

:: A PROPOS DE L'AUTEUR
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:: L'Auteur

Né à Antibes en 1974, Guillaume Musso rencontre la littérature à dix ans et est convaincu, dès ce moment, qu'il écrira un jour des romans. Fasciné par les États-Unis, il part vivre quelques mois à New York à l'âge de 19 ans. Ses rencontres avec la population cosmopolite de Big Apple lui inspireront de nombreuses intrigues romanesques.
En seulement cinq romans – Sauve-moi, Seras-tu là ?, Parce que je t'aime, Je reviens te chercher et Et après... –, ce jeune auteur a conquis des millions de lecteurs à travers le monde et a imposé un style original où le suspense se mêle à l'émotion. Et après... a été adapte à l'écran, avec Romain Duris, John Malkovitch et Evangeline Lilly.

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:: LU DANS LA PRESSE
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« C'est à la fois un polar haletant, un roman sentimental, une œuvre fantastique ébouriffante, mais aussi un récit initiatique. Le romancier, fort d'une indéniable sincérité, sait, comme à son habitude, accrocher son lecteur. »

Blaise de Chabalier, Le Figaro

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